Le genou est l’une des articulations les plus compliquées du corps humain. Il est aussi constamment soumis à des contraintes, non seulement lors d’activités récréatives ou sportives mais aussi dans la vie quotidienne. Les chirurgiens orthopédiques du CHL autour des Profs Romain Seil et Dietrich Pape, s’investissent depuis de nombreuses années dans la recherche sur les blessures du genou, axant leurs travaux sur :

  • Le suivi personnalisé des patients avec entorse du genou.
  • Les procédures chirurgicales de préservation articulaire qui comprennent les interventions permettant de ne pas avoir recours à une articulation artificielle.
  • Le meilleur traitement pour les patients nécessitant des prothèses articulaires. 
  • Le meilleur traitement pour les patients dont les prothèses du genou sont douloureuses ou usées.

Les travaux qu’ils mènent en collaboration privilégiée avec le laboratoire de recherche en médecine du sport du LIH mais aussi avec des partenaires universitaires des Universités de la Sarre à Homburg, de Luxembourg, de Bologne, de Milan, de Genève, d’Oslo et de Caen, leur permettent de progresser non seulement d’un point de vue clinique, mais aussi de faire avancer les connaissances scientifiques en chirurgie du genou.
 

Ligament croisé antérieur, ménisque, cartilage

Projet : optimisation de l’intervention clinique après blessure des tissus mous du genou

Le projet est né du désir d’offrir aux patients victimes de rupture du ligament croisé du genou les meilleurs soins et les meilleures chances de récupération de leurs capacités physiques. Constatant la nécessité d’une analyse quantitative des types de blessures du genou, de leur prise en charge, du suivi pré et post opératoire, l’équipe du département orthopédie du CHL (médecins chirurgiens, infirmiers et kinésithérapeutes) a collaboré avec le laboratoire de recherche en médecine du sport du LIH pour mettre en place une sorte de registre des patients. Dès leur première visite au CHL, les données médicales des patients victimes d’entorses du genou  sont intégrées dans ce registre, et chaque nouvelle visite apporte son complément d’informations collectées. Au fil des années, les informations recueillies sont devenues plus précises et plus complexes, et des données concernant des personnes « saines » (sans lésion au genou) ont aussi été recueillies. Cette intégration de patients sains a permis de mieux comprendre ce qui est « normal ». A ce jour, plus de 700 patients sont inclus dans ce registre, et l’analyse des données a permis plusieurs avancées significatives concernant la prise en charge des blessures du genou. Ainsi, se basant sur les profils de patients, le résultat et le suivi opératoire de la blessure, l’équipe a pu définir des indications et des critères permettant de vérifier si une opération serait oui ou non nécessaire. Le suivi post-opératoire a permis l’établissement de références et la standardisation des évaluations et des tests, et de fait, une meilleure prise en charge post-opératoire des patients.

Quelles prothèses de genou pour quel type de patient ?

Projet de registre

La sévérité de l’arthrose du genou implique parfois la pose d’une prothèse. Il existe bien entendu plusieurs types de prothèses, différentes selon les matériaux utilisés, leur mécanisme de fonctionnement, le type de fixation, leur forme et leur adaptabilité aux corps des patients. La recherche empirique sur des patients et sur le suivi de leur opération ne peut que contribuer à la mise au point et au perfectionnement des prothèses. Dans ce cadre, le Prof. Seil et les membres de son équipe participent au registre européen stryker NTX, dans lequel sont recensées des informations concernant le suivi de trois formes de prothèses de genou différentes, toutes développées par le même fabricant. L’étude concerne une vingtaine d’hôpitaux / centres cliniques sur toute l’Europe et vise l’inclusion de 1600 patients. Le suivi des patients s’étale sur une dizaine d’années, permettant une évaluation sur le long terme de l’innocuité et de l’efficacité de la prothèse. 32 patients ont accepté de participer à l’étude au CHL.

 

De l’articulation animale à l’articulation humaine

Recherche translationnelle autour de la chirurgie du genou

Il est possible d’utiliser des modèles animaux pour évaluer et définir les meilleures techniques de chirurgie du genou. C’est en partant de ce postulat que le Dr Pape et son équipe ont cherché à  identifier le meilleur modèle animal pour travailler sur la reconstruction des ligaments croisés antérieurs chez l’enfant, l’ostéotomie du tibia et la réparation du cartilage articulaire. Même s’il n’existe pas de modèle animal reproduisant strictement le mécanisme du genou humain, les médecins chercheurs se sont intéressés à l’articulation du genou du mouton, qui présente de grandes similitudes avec l’articulation humaine. L’étude de la reconstruction des ligaments antérieurs chez le mouton a permis l’identification de différents facteurs de risque, selon les techniques chirurgicales utilisées. Le modèle d’ostéotomie du tibia, pratiqué sur le mouton a permis une bien meilleure compréhension de l’effet du ligament axial sur l’extrémité basse de certaines parties de l’articulation du genou. L’étude de fractures ostéochondrales et de l’ostéoarthrose chez certains animaux a  entraîné de nouvelles découvertes sur les mécanismes de réparation de cartilage et les traitements possibles.

Caroline Mouton, collaboratrice scientifique

Je suis ingénieur biomédical de formation et j’ai commencé à travailler sur le genou pendant mon stage de master 1, en élaborant des modèles informatiques pour simuler la mécanique du genou après une opération hypothétique. Intégrée en 2009 à l’équipe du  laboratoire de recherche en médecine du sport du LIH, j’ai été très rapidement impliquée dans les discussions concernant le suivi des patients et les améliorations nécessaires demandées et attendues par les chirurgiens. Ils constataient en effet qu’un patient sur quatre âgé de moins de 25 ans et opéré des ligaments croisés, cassait sa plastie (la reconstruction). D’autres ne refaisaient jamais de sport, certains souffraient de complications et les raisons de ces « semi-échecs » n’étaient pas vraiment connues.

J’ai été fascinée par ces questions, à tel point que j’en ai fait le sujet de ma thèse, présentée en juillet 2016 et passée avec les honneurs. Je pense que mon travail a contribué à une standardisation de la prise en charge des patients après leur opération et à une personnalisation de leur traitement. Cela permet à chacun, à son rythme, selon sa pathologie, sa morphologie et son physique, de retrouver la meilleure qualité de vie.

J’ai la chance de faire partie d’une équipe très dynamique, super compétente. Nous publions beaucoup, dans les meilleures revues scientifiques orthopédiques du monde, et nous voyons que cela attire de plus en plus de visiteurs et de collaborateurs cliniques et scientifiques de l’étranger au CHL. Nous organisons régulièrement des congrès scientifiques sur ces sujets au Luxembourg, et nous participons activement à des conférences scientifiques sur les 5 continents.»